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dimanche 11 février 2007, 22h21
CONAKRY (Reuters) - Trois personnes au moins ont péri dimanche au second jour de manifestations dans plusieurs villes de Guinée, et à la veille d'une probable nouvelle grève générale pour chasser le tout nouveau Premier ministre. La décision du président Lansana Conté annoncée vendredi de nommer un de ses proches à la tête du gouvernement a provoqué la colère des syndicats et de l'opposition. Samedi, au moins 14 personnes ont péri dans des affrontements avec les forces de sécurité. L'intersyndicale, qui accuse Conté de ne plus être en mesure d'assumer ses fonctions après 23 ans au pouvoir, avait donné au président jusqu'à lundi pour nommer un nouveau Premier ministre, comme il s'y était engagé aux termes d'un accord conclu il y a deux semaines pour mettre fin à une première grève générale, qui avait duré 18 jours. A Kankan, un bastion de l'opposition situé à près de 700 km à l'est de Conakry, des milliers d'habitants ont pillé des magasins dimanche et pris d'assaut les maisons de responsables du gouvernement. "Ils étaient plusieurs milliers. Ils sont entrés dans les maisons de responsables du gouvernement pour tout voler", a dit Oumar Kaba, un habitant. LE CENTRE DE CONAKRY DESERT D'autres témoins ont affirmé sous le sceau de l'anonymat que la maison du gouverneur avait été pillée et qu'un de ses gardes du corps avait été tué. "Nous sommes désemparés parce que les choses ont commencé avant même que nous lancions notre mot d'ordre de grève", a dit à Reuters Ousmane Souaré, un responsable syndical. "Cela est d'autant plus inquiétant parce qu'aucune négociation n'est entamée pour le moment." Dans la capitale, les magasins sont restés fermés dimanche. Le centre était désert. Le président de la Ligue guinéenne des droits de l'homme, Thierno Maadjou Sow, a affirmé que deux personnes au moins avaient péri dans le quartier de Taouyah, à Conakry. Les adversaires du chef de l'Etat estiment qu'Eugène Camara, un dirigeant du parti au pouvoir qui a été propulsé vendredi à la tête du gouvernement, est trop proche de l'équipe présidentielle pour représenter une véritable solution alternative. Appuyés par l'opposition, les syndicats ont déclenché le mois dernier un mouvement qui a paralysé le pays, dont la filière bauxite, principale pourvoyeuse de devises. Le mouvement - le troisième de cet ordre en l'espace d'un an - avait été émaillé d'affrontements avec les forces de l'ordre, qui s'étaient soldés par près d'une centaine de morts selon les défenseurs des droits de l'homme. Les syndicats n'avaient avancé aucun nom pour le poste de Premier ministre. Mais ils avaient affirmé que le futur chef du gouvernement ne devait pas être soupçonné de corruption comme l'entourage de Conté en est accusé.
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